Satorbase


TOPOS: ENIVRER_HOMME_POUR_PROVOQUER_RUPTURE_AMOUREUSE
OCCURRENCE: 306098 accreditee
CONTEXTE: Galopin, un messager, va prévenir le comte de Bourges partifendre ses terres, de la naissance de son enfant. Il est intercepté par la comtesse de Chartres, tante du comte, qui l’enivre. Elle remplace le message par un autre disant dit que sa belle-fille qu’elleteste, a donné naissance non à un humain mais à une bête velue.
COTEXTE ET CITATION: Tres bien beras avant, par m’ame
Du meilleur vin qui ceenz soit ! »
Fet elle, qui bien le pensoit
A decevoir et enyvrer,
Si qu'elle le puist delivrer
Dez lectres qu'a son seigneur porte.
Un varlet enseigne et enhorte
Que des vinz tant boire li face
Que il s’endorme en celle place.
[…]
Li varlés s’en vient a la broche
Et li trait du vin largement,
Et Galopin boitement,
Qui le bon vin forment desire.
Deus hennas en boit tyre a tyre,
Et puis prent du pain un petit
Pour avoir meilleur appetit
De boivre encore derechief.
Il boit, et puis crolle le chief :
« Veiz, fet il, con taint ce verre
Pour la froideur ! Il est d'Auçoirre,
Si con je croi, par saint Franchoiz !
— Non est, dit l'autre, il est franchoiz !
Puis li retrait de Clameci :
« Ostez, deables ! Qu'est ce ci ?
Fait Galopin. — Cestui est rouge ;
—Je bevrai ce tantet, ou ge
Ne me prise pas un grain d'orge. »
Plain hennap en giete en sa gorge.
« Je m'en vois, » fet il. « Non feras,
Dit l'autre, ançois essaieras
De Saint Pourçain au derrenier :
Quanques bus ne vaut un denier,
- « Ce n'est chose qui au cuer touche :
« Vez ci pour faire bonne bouche. »
Lors trait une grant henappee,
Et Galopin la gueule bee.
Qui a la gorge longue et cruese,
Trestout giete enz com en la huese.
Et puis d’aler amont s’eforce ;
Mes au cervel le prend la force
Du vin dont il a tant beü :
A molt grant paine a peu
Jusques a l'uis d'amont venir ;
Il ne se puet mes soustenir.
Aussi est pris com en un piege.
Tantost se couche sus un siege
Et s'endort aussi fermement
Com s'il fust mort outreement.
Tout a son voiage oublïé,
S’a l’a le vin pris et lïé.
NOTES: Vers 3298-3306 ; 3332-3372. Le passage est développé sur 82 vers, des vers 3298 à 3380, avec des détails sur les crus.
SOURCE: Maillart (Jehan), Roman du comte d'Anjou (Le). Mario Roques, Champion: Paris, 1964.
CHERCHEUR/E: Jeay M.