Satorbase

MANGER_NOURRITURE_SAUVAGE_
PHRASE:
OCCURRENCE: 306149 accreditee
CONTEXTE: Tristan et Yseut ont fui dans la forêt la colère du roi Marc qui pense les avoir surpris en flagrant délit d’adultère.
COTEXTE ET CITATION: Tristran s’asist o la roïne
Governal sot de la cuisine,
De seche busche fait buen feu.
Molt avoient a faire queu !
Il n'avoient ne lait ne sel.

Au matinet s’en part Tristrans.
Au bois se tient, let les plains chans.
Li pain lor faut, ce est grant deus.
De cers, de biches, de chevreus
Ocist asez par le boscage.
La ou prenent lor herbergage,
Font lor cuisine e lor beau feu.
NOTES: Vers 1293-1297 ; 1423-1429.
SOURCE: Béroul, Le Roman de Tristan. Paris: Livre de Poche, Lettres gothiques, 1989.Édition D. Lacroix et Ph. Walter.
CHERCHEUR/E:
OCCURRENCE: 306150 accreditee
CONTEXTE: Laudine chasse Yvain qui n’a pas tenu l’engagement qu’il lui a fait d’être de retour de sa campagne de tournois au bout d’un an. Il est pris de folie, arrache ses vêtements, se réfugie dans la forêt où, après avoir dérobé l’arc et les flèches d’un valet, il chasse les animaux pour les manger crus. Un échange s’instaurera avec un ermite qui fait cuire les bêtes sauvages que lui apporte Yvain et lui donne du pain et de l’eau.
COTEXTE ET CITATION: Les bestes par le bois aguete
Et lors ochist, et si menjue
La venoison trestoute crue.
Et tant conversa el boscage
Comme hom forsenés et sauvage
C'une maison a .i. hermite.
Trouva, mout basse et molt petite.
…..
Tant comme il fu en chele rage,
Quë aucune beste sauvage
Ne li aportast a son huis
Ycheste vie mena puis,
Et li boins hom s'entremetoit
De l'escorchier et si metoit
Assez de la venison cuire.
Et li pains et l'iaue en la buire
Estoit tous jours seur la fenestre
Pour l'omme forsené repaistre ;
S'avoit a mengier et a boivre
Venison sans sel et sans poivre
Et yaue froide de le fontaine.
NOTES: Vers 2824-2830 ; 2869-2881.
SOURCE: Chrétien de Troyes, Le Chevalier au lion. Livre de poche, Lettres gothiques: Paris, 1994.Edition et traduction de David Hult
CHERCHEUR/E:
OCCURRENCE: 306151 accreditee
CONTEXTE: Une voix venue de Dieu demande à Guillaume, le roi d’Angleterre, de partir en exil. Il part donc avec sa femme enceinte après avoir donné tous ses biens. Ils traversent une forêt où ils se nourrissent de cueillette. Ils subissent leur épreuve avec patience.
COTEXTE ET CITATION: Et cil toutes voies s’an vont
Et vivent come sauvagine
De la glan et de la faÿne,
De tel fruit com porte boschaiges,
De poires, de pomes sauvaiges,
Meures meinjuent et cenelles,
Boutons, alies et grosselles
Et des cormes, quant il les treuvent ;
De l’eive que les nues pleuvent
Por souffreite de melieur boivent,
Mais an pacience reçoivent
Toute leur mesaise et leur poine.
NOTES: Vers 426-437.
SOURCE: Chrétien (de Troyes), Guillaume d Angleterre. Genève: Droz, 1988.Édition de A.J. Holden
CHERCHEUR/E:
OCCURRENCE: 306152 accreditee
CONTEXTE: Mélior a été promise à l’empereur de Grèce. Pour échapper à ce mariage, elle s’enfuit avec Guillaume, celui qu’elle aime et qui l’aime. Ils se nourrissent de cueillette, puis de nourriture et de vin qu’un loup dérobe et leur apporte.
COTEXTE ET CITATION: Si avoient molt fain amdoi ;
Molt volentiers, s’eüssent quoi,
Mengassent, mais n’ont que mengier
Ne il ne s’osent porchacier.
Par la fuelle qeut la meschnine
Les noix, le glant et le faïne,
Les sauvechons les boutonciax.
………
Mengerons glant et sauvechons
Et de cest autre fruit boscage.
………
Mais il n’i ont sausse ne sel
N’il n’i boivent ne vin ne el.
NOTES: V. 3201-3207 ; 3232-3233 ; 3329-3330.
SOURCE: Anonyme, Guillaume de Palerne. Genève: Droz, 1990.Édition Alexandre Micha
CHERCHEUR/E:
OCCURRENCE: 306153 accreditee
CONTEXTE: Saint Gilles qui a décidé de vivre en ermite, arrive à une cavité creusée dans le sol, entourée de buissons, où coule une source et où pousse du cresson. Il se fait une hutte de feuillages où il a vécu trois ans à se nourrir de racines et de cresson
COTEXTE ET CITATION: Ne ne mangad mie de pain,
ne nule ren ki fust de grein,
ne il ne vit char ne peissun ;
de racines e de kerssun
enz el desert vesqui meint jur.
NOTES: Vers 1491-1495.
SOURCE: Guillaume de Berneville, La vie de saint Gilles. Paris: Champion, 2003.Éd. Françoise Laurent
CHERCHEUR/E:
OCCURRENCE: 306154 accreditee
CONTEXTE: Après une jeunesse de folie passée à commetttre des exactions, Robert le fils du duc de Normandie, perd véritablement la raison lorsque sa mère lui a révélé qu’il a été conçu après qu’elle a renié Dieu à cause de sa stérilté. La seule nourriture qu’il mange est celle qu’il dispute aux chiens.
COTEXTE ET CITATION: Li loiemiers vit l’os chaïr
Qu'il ne soloit mie haïr.
Celle part vint et si l’engoule,
Mais moult petitet s'en saoule,
Car Robiers pres de luy s'acoste,
Qui moult tost hors des dens li oste ;
Puis a pris l'os et puis le runge,
N'a si fors dens qu’il n’y desjoingne,
Car moult l'argüe la famine :
Or puet mangier a bonne estrine.
Entour l'os tent et sace et tire.
………..
Vinrent avant li veneour :
Au chien donnerent a mangier
Pain blanc, dont ne fist nul dangier.
Mais si tost con l’eut en la goule,
Robiers saut sus parmy la foule,
Si li sace hors de la bouche
Le pain, aultrement ne l'atouche,
Puis le mangüe volentiers.
NOTES: Vers 1363-1373- 1396-1403.
SOURCE: Anonyme, Robert le Diable. Paris: Champion, 2006.Édition et traduction Élisabeth Gaucher
CHERCHEUR/E:
OCCURRENCE: 306155 accreditee
CONTEXTE: À la suite d’une calomnie, Bellissant, l’épouse de l’empereur de Constantinople, est bannie. Enceinte de jumeaux, elle accouche dans une forêt. Une ourse se saisit de l’un des enfants et tandis que Bellissant la poursuit pour lui reprendre l’enfant, l’autre est trouvé par le roi Pépin qui l’élèvera. L’enfant enlevé par l’ourse sera nourri par elle. Il sera retrouvé et rendu par son frère Valentin et rendu à la civilisation après un apprentissage des manières de table.
COTEXTE ET CITATION: La chair mengoit crue ainsi comme les aultres bestes et vivoit de vie bestiale et non pas humaine. […] Et Valentin ala devers l’estable et loga son cheval, puis a prins Orson et sont alez vers la cuisine ou il ont trouvé chapons et plusieurs viandes qui en une broche estoient auprés du feu. Lors Valentin a fait signe a Orson qu’il tournast la broche, car la viande n’estoit pas cuitte, mais Orson aussitost comme il vit la viande il mist la main a la broche et en tira de viande grant partie, puis ne demanda pas s’elle estoit bien ou mal cuitte, mais la menga tout ainsi comme ung loup fait sa proye. Puis avisa une chaudiere plaine d’eaue, si boutta la teste dedens, si en but tout ainsi que le cheval fait en la riviere.
NOTES: P. 46 ; 98.
SOURCE: Anonyme, Valentin et Orson. Tempe, Arizona: Arizona Center for Medieval and Renaissance Studies, 2011.Éd. Shira Schwann-Baird
CHERCHEUR/E:
OCCURRENCE: 306156 accreditee
CONTEXTE: Valentin a décidé de faire pénitence pour avoir tué son père dans un affrontement contre les sarrasins : il ne l’a pas reconnu, car il s’était déguisé en sarrasin. Il passe une période dans les bois, puis se rend à Constantinople où il mendie et s’étant rendu au palais de l’empereur, il mange les reliefs du repas laissés pour les pauvres.
COTEXTE ET CITATION: Valentin, qui de Dieu fut inspiré pour sa penitance parfaire, entra dedens ung bois après que il eust fait resre sa teste, et en celuy boys fust si longement, mengant pommes et racines et sy traynant parmy les ronces et espines. […] [Ils] luy ont aporté bons vins et viandez assez, mais il n’en veult point prendre et regarde une corbeille ou estoit l’aumoisne des povres du relief de la table.
NOTES: P. 501-504.
SOURCE: Anonyme, Valentin et Orson. Tempe, Arizona: Arizona Center for Medieval and Renaissance Studies, 2011.Éd. Shira Schwann-Baird
CHERCHEUR/E: