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ENIVRER_HOMME_POUR_PROVOQUER_RUPTURE_AMOUREUSE
PHRASE:La mère ou la tante du héros enivre un personnage pour provoquer une rupture amoureuse
OCCURRENCE: 306093 accreditee
CONTEXTE: La mère du roi d’Écosse intercepte un messager portant au roi une lettre lui annonçant la naissance de son fils. Elle l’enivre afin de modifier la lettre pour détruire la réputation de sa belle-fille qu’elle déteste : celle-ci aurait donné naissance à un monstre.
COTEXTE ET CITATION: Por lui engignier et deçoivre
Li fist donner bon vin a boivre.
Ne s’en perçut li pautoniers,
S’en but tant et si volentiers
Que de son sens se delivra
Par le fort vin qui l’enyvra.
Quant la maie dame le vit,
Du mal qu’ele pense s’en rit.
Tant l’aparole et tant le lobe
Que tres dedens sa garde robe
Le fist icele nuit gesir.
Il fu desirans de dormir :
Pour le vin qui l’ot entesté
Ot tout le cervel tempesté,
Se s'endormi.
NOTES: Vers 3061-3075.
SOURCE: Philippe de Rémi, La Manekine. Paris: Champion, 2012.Éd. Marie-Madeleine Castellani
CHERCHEUR/E: Jeay M.
OCCURRENCE: 306094 accreditee
CONTEXTE: Au retour avec la réponse du roi d’Écosse au message que sa femme a donné naissance à un monstre, le messager s’arrête à nouveau chez la mère de ce dernier qui le fait boire jusqu’à ce qu’il s’enivre. Comme à l’aller, elle change la lettre : le roi exigerait que son épouse soit brûlée sur le bûcher.
COTEXTE ET CITATION: Fors vins ne li furent veés,
Et il s’en est tex conreés
Qu'il est en yvrece cheüs.
Ainsi fu .ii. fois decheüs
Qu'il onques garder ne s'i sot
Se s'en tint puis maint jour a sot.
Par yvrece sont maint mal fait
Pour c'est cil mout fol qui s'i met ;
Maint homme en ont esté tué
Et maint grant bienfait delüé.
Ensement fu il de celui
Qui folement s'i embati ;
Tant but li glous qu’il s'enyvra
Dusk'al demain ne délivra
De l'ivrece.
NOTES: Vers 3393-3407
SOURCE: Philippe de Rémi, La Manekine. Paris: Champion, 2012.Éd. Marie-Madeleine Castellani
CHERCHEUR/E: Jeay M.
OCCURRENCE: 306095 accreditee
CONTEXTE: Réitération des deux scènes dont le récit est fait au roi d’Écosse de retour de Rome : le messager explique qu’il a séjourné chez sa mère à l’aller et au retour. Elle l’a fort bien accueilli et lui a donné à boire au point de l’enivrer, ce qui lui a permit de changer les lettres afin de condamner la reine
COTEXTE ET CITATION: A l’aler jui ciés vostre mere,
Qui mout me moustra bele ciere ;
Ne sai pour coi ele le fist ;
.XL. sols donner me fist.
Par malisse, ensi le devin,
Me fist boire de son fort vin
Tant qu’en la teste me monta ;
Ainsi Folie me donta
Si fist de moi a son plaisir.
En sa garderobe gesir
Me fist la nuit dusk’au demain,
Que je me levai assés main.
Quant je me vi en cele cambre,
De paour tramblerent mi membre,
De traïson tant me doutai
En ma boiste ma main boutai.
Le seel vi le senescal,
Ainc puis ne pensai a nul mal
Ains quidai que par l’amistié
De vous m’eüst loeques coucié.
[…]
A vous alai, par li reving,
Dont l’endemain pour fol me ting.
Tant bui la nuit que je fui yvres,
Dusk'al demain n’en fui délivres
Et jui la derreniere fois
La ou j'euc jeu l’autre fois
Com cil qui nul mal ne doutoit
Ne qui a nul mal ne pensoit.
NOTES: Vers 4409-4428 ; 4435-4442
SOURCE: Philippe de Rémi, La Manekine. Paris: Champion, 2012.Éd. Marie-Madeleine Castellani
CHERCHEUR/E: Jeay M.
OCCURRENCE: 306096 accreditee
CONTEXTE: Le messager porteur d’une lettre adressée au roi d’Angleterre qui se trouve à Rome pour lui annoncer la naissance de ses deux fils jumeaux, s’arrête chez la reine mère qui hait sa belle-fille. Elle le fait boire et l’enivre, puis remplace la lettre par une autre disant qu’Hélène, la reine, a mis au monde deux monstres.
COTEXTE ET CITATION: Aveuc moy demorés en me sale vautie,
Se souperés anuit aveucques me mainie. »
Et cheux ly acorda, qui ama gloutrenie.
Le mes fu bien servy, car le roïne prie
C'on ly voist aportant le plus fort vin sur lie
Qui soit en ses cheliers. Ly boutiliers l'otrie ;
Le vin va querir tost en sa boutilerie
Et le donne au mesage qui faisoit chiere lie.
Et il manga et but tant a se commandie
Que plus fu enyvrés c'une soupe moullie.
Tellement s'enyvra, pour voir le vous afie,
Qu'il ne scet ou il est, ne en quelle partie.
NOTES: Vers 2611-2622
SOURCE: Anonyme, Belle Hélène de Constantinople (La). Claude Roussel, Droz: Genève, 1995.
CHERCHEUR/E: Jeay M.
OCCURRENCE: 306097 accreditee
CONTEXTE: Même situation au retour du messager de Rome : il s’arrête chez la reine-mère qui le fait boire, subtilise la réponse du roi demandant qu’on prenne soin d’Hélène, par une lettre ordonnant qu’on la fasse brûler.
COTEXTE ET CITATION: Tant ly a fait donner de vin rougë et blanc,
Et s'estoient sy fort, sy ruide et sy poissant
Que, voelle chieux ou non, on l'en fait boire tant
Que, quant il se leva, il va tout cancelant.
Mener le fist le dame dedens se cambre errant.
NOTES: Vers 3037-3041
SOURCE: Anonyme, Belle Hélène de Constantinople (La). Claude Roussel, Droz: Genève, 1995.
CHERCHEUR/E: Jeay M.
OCCURRENCE: 306098 accreditee
CONTEXTE: Galopin, un messager, va prévenir le comte de Bourges parti défendre ses terres, de la naissance de son enfant. Il est intercepté par la comtesse de Chartres, tante du comte, qui l’enivre. Elle remplace le message par un autre disant dit que sa belle-fille qu’elle déteste, a donné naissance non à un humain mais à une bête velue.
COTEXTE ET CITATION: Tres bien beras avant, par m’ame
Du meilleur vin qui ceenz soit ! »
Fet elle, qui bien le pensoit
A decevoir et enyvrer,
Si qu'elle le puist delivrer
Dez lectres qu'a son seigneur porte.
Un varlet enseigne et enhorte
Que des vinz tant boire li face
Que il s’endorme en celle place.
[…]
Li varlés s’en vient a la broche
Et li trait du vin largement,
Et Galopin boit lïement,
Qui le bon vin forment desire.
Deus hennas en boit tyre a tyre,
Et puis prent du pain un petit
Pour avoir meilleur appetit
De boivre encore derechief.
Il boit, et puis crolle le chief :
« Veiz, fet il, con taint ce verre
Pour la froideur ! Il est d'Auçoirre,
Si con je croi, par saint Franchoiz !
— Non est, dit l'autre, il est franchoiz !
Puis li retrait de Clameci :
« Ostez, deables ! Qu'est ce ci ?
Fait Galopin. — Cestui est rouge ;
—Je bevrai ce tantet, ou ge
Ne me prise pas un grain d'orge. »
Plain hennap en giete en sa gorge.
« Je m'en vois, » fet il. « Non feras,
Dit l'autre, ançois essaieras
De Saint Pourçain au derrenier :
Quanques bus ne vaut un denier,
- « Ce n'est chose qui au cuer touche :
« Vez ci pour faire bonne bouche. »
Lors trait une grant henappee,
Et Galopin la gueule bee.
Qui a la gorge longue et cruese,
Trestout giete enz com en la huese.
Et puis d’aler amont s’eforce ;
Mes au cervel le prend la force
Du vin dont il a tant beü :
A molt grant paine a peu
Jusques a l'uis d'amont venir ;
Il ne se puet mes soustenir.
Aussi est pris com en un piege.
Tantost se couche sus un siege
Et s'endort aussi fermement
Com s'il fust mort outreement.
Tout a son voiage oublïé,
S’a l’a le vin pris et lïé.
NOTES: Vers 3298-3306 ; 3332-3372. Le passage est développé sur 82 vers, des vers 3298 à 3380, avec des détails sur les crus.
SOURCE: Maillart (Jehan), Roman du comte d'Anjou (Le). Mario Roques, Champion: Paris, 1964.
CHERCHEUR/E: Jeay M.
OCCURRENCE: 306099 accreditee
CONTEXTE: La mère de Partonopeu de Blois l’enivre afin de lui faire oublier son amour pour la fée Mélior et qu’il épouse la nièce du roi.
COTEXTE ET CITATION: Dementres me faites livres
.ij. beaus bouceaus de bon vin cler
[Si sera atornés mes fis]
Que s’il en boit .ij. trais petis
Tos ert en autre sens tornés
Et fera bien nos volentés
Vostre niece nos servira
Et de cel vin l’abeverra.
Nos bevrons de l’autre picier,
Si lairons lui et [li] plaidier.
Se poons faire qu’il l’afit,
Retenu l’en avrons, je quit.

Entre temps, faites-moi monter deux belles cruches de bon vin clair. Deux gorgées suffiront à avoir raison de mon fils, à lui tourner la tête et à le rallier à nos vœux. Votre nièce fera notre jeu en lui donnant de ce vin-là, tandis que nous boirons de l’autre pichet en les laissant bavarder. Si nous parvenons à le faire s’engager auprès d’elle, je crois que nous le retiendrons.
NOTES: Vers 3963-3974.
SOURCE: Anonyme, Partonopeu de Blois. Paris: Le Livre de Poche Lettres gothiques, 2005.Éd. Olivier Collet et Pierre-Marie Joris
CHERCHEUR/E: Jeay M.