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FEMME_SE_SACRIFIER_ENTRER_COUVENT
PHRASE:Une femme décide d'entrer au couvent pour laisser l'homme qu'elle aime à une rivale
OCCURRENCE: 305502 accreditee
CONTEXTE: Galeron vient de retrouver son mari Ille au moment où il va épouser Ganor, la fille de l’empereur. Galeron est prête à s’effacer et à entrer au couvent pour ne pas lui nuire.
COTEXTE ET CITATION: Sire, je voi benignement
que je te tieng trop longement :
espouser dois la fille au roi.
Por Diu, soviegne vos de moi.
Que l’apostoles tant me face,
por Diu et por la soie grace,
qu’il me mete en une abeïe.

Seigneur, je vois bien que je te retiens trop longtemps : tu dois épouser la fille du roi. Au nom de Dieu, garde mon souvenir. Demande au pape d’avoir la bonté, au nom de Dieu et de sa Sainte Grâce de me placer en une abbaye.
NOTES: P. 151, v. 4145-4151 ; trad. p. 79.
Il y a trois occurrences d’entrée au couvent dans ce roman, chacune dans un contexte différent (p. 72 et 185).
SOURCE: Gautier d"Arras, Ille et Galeron. Paris: H.Champion, 1988.Edition Yves Lefèvre. Traduction Delclos et Quereuil, Paris, Champion, 1993
CHERCHEUR/E: Jeay M.
OCCURRENCE: 305624 accreditee
CONTEXTE: Guildeluec a découvert que son époux, Eliduc, est amoureux de Guilliadun. Elle demande à entrer dans un couvent pour laisser la place à sa jeune rivale car il n’est pas moral d’avoir deux épouses.
COTEXTE ET CITATION: «Jo suis s’espuse veirement
«Mult ai pur lui mun quer dolent

«Ensemble od mei vus en merrai
«e a vostre ami vus rendrai
«Del tut le vueil quite clamer,
«E si ferai mun chief veler»

cungié li a rové e quis
qu’ele puisse de lui partir,
nune vuelt estre, Deu servir;
de sa terre li doint partie
u ele face une abeïe;
cele prenge qu’il eime tant
kar n’est pas bien ne avenant
de dous espuses meintenir,
ne la leis nel deit cunsentir.

«Je suis son épouse, c’est vrai, et mon coeur souffre pour lui[…]».

«Je vais vous emmener avec moi et vous rendre à votre ami. Je veux lui redonner sa liberté et puis je prendrai le voile[…]».

Elle (Guildeluec) lui (Eliduc) demande la permission de se séparer de lui: elle veut devenir religieuse et servir Dieu. Qu’il lui donne une partie de son domaine pour qu’elle y fonde une abbaye et qu’il épouse celle qu’il aime tant! Car il est contraire à la morale et aux usages de garder deux épouses; et la religion ne saurait l’admettre.
NOTES: p.322, vers 1093-94; p. 324, vers 1099-1102; p.326 vers 1122-1130.
SOURCE: Marie de France, Eliduc. Paris: Lettres Gothiques, 1990.Texte édité par Karl Warnke
Traduction par Laurence Harf-Lancner
CHERCHEUR/E: Denis, Françoise
OCCURRENCE: 305625 accreditee
CONTEXTE: Parti en pèlerinage et fait prisonnier par le sultan d’Egypte, Gilles de Trazigny, croyant que sa première femme est morte, finit par épouser Gratienne, la fille du sultan, qui lui a offert son amour et sauvé la vie. Apprenant plus tard que Marie de Trasigny n’est pas morte, il retourne au pays avec Gratienne. Marie décide d’entrer au couvent. Mais Gratienne n’accepte pas un pareil sacrifice et entre au couvent aussi.
COTEXTE ET CITATION: «Sire», ce dist la dame de Trasignyes, «puis qu’ainsi est que vous dites, que ceste dame avez espousee, et que par elle avez eu sauve la vie, ja Dieu ne plaise que jamais avec vous j’aye actouchement ne compaignie. Ains me vouldray rendre au plaisir de nostre seigneur en une abbaye de nonnains et tout le temps de ma vie prieray Dieu pour vous».
- «Dame», ce dist Gracyenne, «ja Dieu ne plaise que ja jour de ma vie je vous face tort de vostre loyal seigneur…».Si furent les dames tout dun consentement et dun accord que toutes deux le lendemain se rendirent et misdrent a servir dieu en labbaye de lolive ou elles demourerent tout le temps de leur vie sans en yssir.
NOTES: p.212-213.
SOURCE: Anonyme, Histoire de Gilion de Trasignyes et de dame Marie sa femme. Leipsic: O.L.B. Wolff, 1837.Edition J.J. Weber
CHERCHEUR/E: Denis, Françoise