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INJUSTICE_PROVOQUER_DÉPART_H
PHRASE:L'injustice dont il est victime pousse un homme à partir et à commencer ses aventures
OCCURRENCE: 305608 accreditee
CONTEXTE: Eliduc, calomnié auprès du roi qu’il a toujours servi avec fidélité, décide de quitter le royaume puisque le roi ne veut rien entendre de sa défense. Il va passer la mer et c’est le début de ses aventures en Angleterre où il va rencontrer Guilliadon.
COTEXTE ET CITATION: esteit a sun seignur medlez
e empeiriez e encusez,
que de la curt le cungea
senz ceo qu’il ne l’araisuna.
Elidus ne saveit pur quei.
Soventes feiz requixt le rei
qu’il escundit de lui preïst
e que losenge ne creïst,
mult l’aveit volentiers servi ;
mes li reis ne li respundi.
Quant il nel volt de rien oïr,
si l’en covint idunc partir.

[...]lui [Eliduc] valut d’être calomnié et accusé auprès de son seigneur, qui le chassa de sa cour sans explications. Eliduc ne savait pourquoi : plusieurs fois il supplia le roi de le laisser se défendre et de ne pas croire les calomnies contre un homme qui l’avait servi de bon coeur ; mais le roi refusa de lui répondre. Puisqu’il ne voulait rien entendre, Eliduc n’avait plus qu’à partir.
NOTES: P.272, vers 43-54 ; trad. p. 273.
SOURCE: Marie de France, Eliduc. Paris: Lettres Gothiques, 1990.Texte édité par Karl Warnke
Traduction par Laurence Harf-Lancner
CHERCHEUR/E: Denis, Françoise
OCCURRENCE: 305609 accreditee
CONTEXTE: A la mort du père d’Ille, Hoël en profite pour s’emparer des terres qu’il convoite. Dépouillé de tout et sans défense de la part de son seigneur, Ille s’en va chercher aventure ailleurs.
COTEXTE ET CITATION: Illes n’ot adont que .X.ans.
Por le pere, qui si fu preux,
Le het Oiaus o ses neveus ;
[Mais ne li mostroit tant ne quant.
Or le violt mostrer son enfant.]
De totespars li corent seure ;
Ille escillierent li baron.
Onques del frer Galeron,
Del foible duc, ne fu tensés.
Et li varlés s’est porpensés
Qu’il en ira au roi de France.
Cele part vait sans demorance

Ille n’avait alors que dix ans. Les éminentes qualités de son père avaient attiré sur lui la haine d’Hoël et de ses neveux ; une haine qu’Hoël dissimulait soigneusement au père, mais qu’il veut maintenant manifester au fils. De tous côtés, l’on fond sur lui, et on l’a vite anéanti. Les barons dépouillent Ille, sans que le frère de Galeron, le faible duc, intervienne pour le protéger. Le jeune garçon décide alors de se rendre auprès du roi de France et se met aussitôt en chemin.
NOTES: P. 35-36, vers 150-160.
SOURCE: Gautier d"Arras, Ille et Galeron. Paris: H.Champion, 1988.Edition Yves Lefèvre. Traduction Delclos et Quereuil, Paris, Champion, 1993
CHERCHEUR/E: Denis, Françoise
OCCURRENCE: 305610 accreditee
CONTEXTE: Aiol, le fils d’Elie, part en France pour reconquérir son héritage, dont le roi Louis, sur les conseils du traître Makaire, a dépossédé son père, qu'il a exilé, malgré les services rendus contre les Sarrasins. C’est le commencement de ses aventures.
COTEXTE ET CITATION: Loeys li fieux Karle mal gueredon l’en fist :
Il li toli sa tere et chou qu’il dut tenir,
Et le cacha de France a paine et a essil
Par le conseil Makaire,[…].

«-E dieus che dist Elie[s], molt par es ber!
«Bien sai qu’encore arai mes iretés
«Par mon enfant Aiol[s] c’ai engendré».
«-Ch’arés mon, dist Aiols, vos les rarés,
«De chou vos tous raseurés:
«Se Dieux me maine en France a saveté
«Que al roi Loeys puisse parler,
«Ançois que vos voiés [tout] cest an passer,
«Les vos voil toutes rendre et aquiter».

Le fils de Charles, Louis, lui en donna une bien mauvaise récompense: il lui enleva sa terre et tous les biens qu’il auraittenir, et le chassa de France en exil, sur le conseil de Makaire[…]

- «Eh, Dieu», dit Elie, «tu [Aiol] es brave et noble! Je sais bien que je vais rentrer en possession de mon héritage, grâce à mon fils Aiol, que j’ai engendré». - «Vous aurez cela assurément. Vous le posséderai à nouveau», dit Aiol. «De cela, soyez tous rassurés: si Dieu me mène en France sain et sauf, et si je peux parler au roi Louis, je veux tout vous faire rendre et livrer avant la fin de l’année». (ma traduction)
NOTES: P. 2, vers 44-47 ; p. 10, vers 312-320.
SOURCE: Anonyme, Aiol. Paris: Didot, 1877.Edition Jacques Normand & Gaston Raynaud
CHERCHEUR/E: Denis, Françoise
OCCURRENCE: 305613 accreditee
CONTEXTE: Bernard, le neveu de Guillaume, lui rapporte l’oubli du roi Louis à les récompenser de leurs services. Furieux, Guillaume décide de quitter la cour, après avoir refusé les offres de récompenses déshonorantes que lui faisait le roi en dernière minute. Il décide alors de partir conquérir l’Espagne, Nîmes et Orange. Voir p. 174, vers 481-484.
COTEXTE ET CITATION: «Nostre emperere a ses barons fievez :
«Cel done terre, cel chaster, cel citez,
«Cel done vile selonc ce que il set :
«Moi et vos, oncle, i somes oublïé».

«Genill mesniee, dist Guillelmes le ber,
«Isnelement en alez a l’ostel
«Et si vos fetes gentement conraer
«Et le hernois sor les somiers trosser.
«Par maltalant m’estuet de cort torner» ;

«Notre empereur a distribué des fiefs à ses barons : tel a eu une terre, tel un château ou une cité, ou encore une ville, selon ce qu’il sait d’eux. Vous et moi, mon oncle, il nous a oubliés».

«Mes nobles compagnons, dit Guillaume le vaillant, rentrez vite chez vous, faites-vous préparer un riche équipage, et mettre les bagages sur les bêtes de somme. La colère m’oblige à quitter la cour».
NOTES: P. 152, vers 36-39; p. 156, vers 115-119.
SOURCE: Anonyme, Charroi de Nîmes. Paris: Livre de Poche, Lettres Gothiques, 1996.dans Le Cycle de Guillaume d\'Orange, Choix, traduction et notes de Dominique Boutet. Editions Perrier, Langlois, McMillan, Régnier, Wahlund, von Feitlitzen, Terracher, Guessard, Montaiglon, Barnett, Bertin, Cloetta.
CHERCHEUR/E: Denis, Françoise
OCCURRENCE: 305614 accreditee
CONTEXTE: Abandonné par le roi et sans appui, Lanval, désoeuvré, part à l’aventure en-dehors de la ville. C’est là qu’il va rencontrer la jeune fille de l’autre monde, qui va devenir son amie et lui donner la richesse.
COTEXTE ET CITATION: i aveit li reis sujurné.
Asez i duna riches duns
E as cuntes e as baruns,
A cels de la table roünde […]
femmes et terres departi,
fors a un sul ki l’ot servi,
Ceo fu Lanval; nel’en sovint,
Ne nuls des soens bien ne li tint.

Li chevaliers dunt jeo vus di,
Ki tant aveit le rei servi,
Un jur munta sur sun destrier,
si s’est alez esbaneier
Fors de la vile en est eissuz ;

Le roi séjournait donc dans la ville, il a distribué de riches présents à ses comtes, à ses barons, aux chevaliers de la Table Ronde […]. Il a donné à tous femmes et terres, sauf à un seul de ceux qui l’avaient servi, Lanval : il l’a oublié et personne, dans l’entourage du roi, n’a cherché à la défendre,

Le chevalier dont je vous parle, qui a si bien servi le roi, monte un jour à cheval pour se promener. Il quitte la ville.

NOTES: P. 134, 12-20; p. 136, vers 39-43.
SOURCE: Marie de France, Lanval. Paris: Lettres gothiques, 1990.Texte édité par Karl Warnke. Trad.: Laurence Harf-Lancner,Paris, Lettres Gothiques,1990.
CHERCHEUR/E: Denis, Françoise
OCCURRENCE: 305651 chantier
CONTEXTE: Yder est déçu par l’attitude du roi Arthur qui ne respecte pas sa parole quand il a promis d’aider ses vassaux et oublie les services rendus (Yder a tué deux assaillants sauvant le roi de la mort). Il quitte la cour pour aller chercher d’autres aventures.
COTEXTE ET CITATION: «Ja Deus» dist il, «moi n’en ait,
«Si jo por estre sanz seingnor
«Od icesti plus ne demor.
«En poi de tens l’ai bel servi,
«Si m’at si tost mis en obli,
«Ne il de moi ne li sovient
«Ne il nul covenant ne tient

«Que Dieu jamais ne m’assiste, dit-il, si je reste plus longtemps avec ce roi, même si cela veut dire que je reste sans seigneur. Je l’ai bien servi en peu de temps et il m’a si vite oublié qu’il ne se souvient pas de moi et ne tient aucune promesse.»(ma trad.).
SOURCE: ANONYME, Roman d" Yder. Cambridge: D.S. Brewer, 1983.Ed. et trad. Alison Adams
CHERCHEUR/E: Denis, Françoise