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ENTRÉE_COUVENT_F_DÉTERMINER_SORT_PARTENAIRE
PHRASE:L'entrée au couvent d'une femme détermine le sort de son partenaire
OCCURRENCE: 305581 accreditee
CONTEXTE: Parti en pèlerinage et fait prisonnier par le sultan d’Egypte, Gilles de Trazigny, croyant que sa première femme est morte, finit par épouser Gratienne, la fille du sultan, qui lui a offert son amour et sauvé la vie. Apprenant plus tard que Marie de Trasigny n’est pas morte, il retourne au pays avec Gratienne. Marie décide d’entrer au couvent. Mais Gratienne n’accepte pas un pareil sacrifice et entre au couvent aussi. Gilles, quant à lui, entre au monastère.
COTEXTE ET CITATION: Sire, ce dist la dame de Trasignyes, puis qu’ainsi est que vous dites, que ceste dame avez espousee, et que par elle avez eu sauve la vie, ja Dieu ne plaise que jamais avec vous j’aye actouchement ne compaignie. Ains me vouldray rendre au plaisir de nostre seigneur en une abbaye de nonnains et tout le temps de ma vie prieray Dieu pour vous. - Dame, ce dist Gracyenne, ja Dieu ne plaise que ja jour de ma vie je vous face tort de vostre loyal seigneur. Si furent les dames tout dun consentement et dun accord que toutes deux le lendemain se rendirent et misdrent a servir dieu en labbaye de lolive ou elles demourerent tout le temps de leur vie sans en yssir. Et dautrepart Gilion de Trasignies par le consentement du conte de Haynnau et des barons depparti et donna a ses deux enffans toutes ses terres et seigneuries. Puis se parti de Trasignies et sen ala a labbaye de Cambroy servir nostre seigneur […].
NOTES: P. 212-213.
SOURCE: Anonyme, Histoire de Gilion de Trasignyes et de dame Marie sa femme. Leipsic: 1839.Edition de J.J. Weber
CHERCHEUR/E: Denis, Françoise
OCCURRENCE: 305582 accreditee
CONTEXTE: Ille et sa femme, Galeron, se sont retrouvés au momentcelui-ci allait épouser Ganor, la fille de l’empereur de Rome. Le mariage n’a pas lieu et Ille retourne en Bretagne avec sa femme. Deux garçons leur naissent, mais lors de l’accouchement d’un troisième enfant, Galeron semble se lier par un voeu si elle en sort vivante. L’entrée au couvent de Galeron permet à Ille d’épouser Ganor.
COTEXTE ET CITATION: Cele conçut puis une fille:
Quant vint que de delivrer en dut,
Confessa soi, ce li estut.
Morir cuida, none devint;
Les dras vesti, ce li convint.
Tes fu ses veus et sa promesse,
Ains que d’enfant alast a messe.
Galerons est none velee,

Engrant sont tuit de porkacier
K’Illes, li ber, ait la corone;
bien sevent que sa feme est none.
Illes, li dus, le veut mout bien,
et Ganor nel desveut de rien.
Li apostoles le pokace
Dont n’i a el, mes c’on le face.
Rome en est et lie et joieuse
Li apostoles les espeuse

«Enfin Galeron conçut une fille, mais quand vint le jour de la délivrance, elle crut mourir; il lui fallut se confesser; elle se fit nonne. Elle dut prendre l’habit et prononça ses voeux avant même la messe de relevailles.» (note du trad: sans doute à la suite d’un voeu formulé lors de l’accouchement).

«Tous les Romains n’ont qu’un désir, qu’un projet: donner la couronne à Ille le brave, dont ils savent bien que la femme est nonne. C’est aussi le voeu le plus cher du duc, Ganor ne s’y oppose en rien, et le pape ne souhaite pas autre chose. Il n’y a donc plus qu’à le couronner. Rome est en liesse. Le pape les marie[…]» (Traduction Delclos et Quereuil, Ille et Galeron, Paris: Champion, 1993, p.101)
NOTES: P. 185, 5304-5311 ; p. 222, 6544-6549.
Précédemment, lorsque Ille est prêt à épouser Ganor, Galeron, qui s’est fait reconnaître, lui offre à trois reprises de se faire religieuse pour lui rendre sa liberté (4149-4151 ; 4180-4182 ;4221-4230).
SOURCE: Gautier d"Arras, Ille et Galeron. Paris: H.Champion, 1988.Edition Yves Lefèvre. Traduction Delclos et Quereuil, Paris, Champion, 1993
CHERCHEUR/E: Denis, Françoise
OCCURRENCE: 305579 accreditee
CONTEXTE: Revenant de la cour de Charles, Girart vient de rejoindre sa femme, qui s’est retirée à Vézelay, où elle a fait commencer la construction d’une église. Il assiste à un miracle alors qu’elle portait pierres, sable et eau, avec l’aide d’un pèlerin, pour la construction de l’église. Entraîné par son exemple, Girart renonce au monde et se retire dans un monastère, avec l’assentiment de ses amis et vassaux. Il fait construire avec Berthe quantité de maisons religieuses.
COTEXTE ET CITATION: «Eu le vuel», dis Girarz, «se Deus m’ajut,
E me sat bon au cor, car l’ai veüt,
Le labor de vos dous e la vertut
Que Deus nos i tremest per grant salut
Ja mais ne baillerai per gerre escut.

E fo molt om benignes religios
E basti ne mostiers sapchatz pluros
Versalai labadia es us dels bos

El sesmendet molt be tot en derier
Quel fetz gran penedensa en un mostier
Quel meteis fetz bastir molt bo e chier

«Que Dieu m’aide, j’y consens et cela me réjouit le coeur d’avoir vu de mes yeux vos efforts à tous deux et le miracle dont Dieu nous a gratifiés. Je renonce pour toujours à prendre un écu pour la guerre».[…] [Il] devint un religieux plein de bonté. Sachez qu’il bâtit alors quantité de monastères, dont l’abbaye de Vézelay est l’un des meillleurs.[…]il finit par s’amender complètement en faisant longuement pénitence dans un monastère que lui-même avait fait bâtir, très beau et très riche[…].(Traduction Micheline de Combarieu du Grès et Gérard Gouiran, Lettres Gothiques, 1993, 719, 733).
NOTES: P. 718, vers 9813-17; p.732, vers 10-12, 24-26, épilogue ms. P.
SOURCE: Anonyme, Girart de Roussillon. Paris: Livre de poche, Lettres gothiques, 1993.Édition de W.M. Hackett (1953-55) Traduction de Micheline de Combarieu du Grès et Gérard Guiran.
CHERCHEUR/E: Denis, Françoise
OCCURRENCE: 305580 accreditee
CONTEXTE: Guildeluec a découvert que son époux, Eliduc, est amoureux de Guilliadun. Elle demande à entrer dans un couvent pour laisser la place à sa jeune rivale car il n’est pas moral d’avoir deux épouses. Eliduc accepte, se remarie et, après un certain nombre d’années de bonheur avec sa seconde femme, il suit l’exemple de la première, fait bâtir un monastère dans lequel il se retire, tandis que sa seconde femme rejoint la première au couvent.
COTEXTE ET CITATION: e a vostre ami vus rendrai
Del tut le vueil quite clamer,
E si ferai mun chief veler

cungié li a rové e quis
qu’ele puisse de lui partir,
nune vuelt estre, Deu servir;
de sa terre li doint partie
u ele face une abeïe;
cele prenge qu’il eime tant
kar n’est pas bien ne avenant
de dous espuses meintenir,
ne la leis nel deit cunsentir.

Granz almosnes e granz biens firent,
Tant que a Deu se cunvertirent.
Pres del chastel de l’altre part
Par grant cunseil e par esguart
une eglise fist Elidus,
e de sa terre I mist le plus
e tut sun or e sun argent;

Quant tut aveit apareillié,
Nen a puis guaires atargié:
ensemble od els se dune e rent
pur servir Deu omnipotent.
Ensemble od sa femme premiere
Mist sa femme que tant ot chiere

«[…] et vous rendre à votre ami. Je veux lui redonner sa liberté et puis je prendrai le voile[…]. Elle (Guildeluec) lui (Eliduc) demande la permission de se séparer de lui: elle veut devenir religieuse et servir Dieu. Qu’il lui donne une partie de son domaine pour qu’elle y fonde une abbaye et qu’il épouse celle qu’il aime tant! Car il est contraire à la morale et aux usages de garder deux épouses; et la religion ne saurait l’admettre[…] distribuant aumônes et bienfaits, jusqu’au jour où ils se sont donnés à Dieu. De l’autre côté du château, Eliduc a mis tous ses soins à faire bâtir une église, pour laquelle il a donné la plus grand partie de sa terre, tout son or et son argent. […]Quand tout a été prêt, il les a rejoints sans plus attendre et a fait voeu de servir Dieu tout-puissant. A sa première épouse il a confié la seconde, qu’il aimait tant […].» (Traduction Laurence Haraf-Lancner, Lais de Marie de France, Paris: Lettres Gothiques, 325, 327).
NOTES: P. 322, vers 1100-1102 ; p.324, vers 1122-1130 ; 1151-57 ; p.326, vers 1163-66.
SOURCE: Marie de France, Eliduc. Paris: Lettres Gothiques, 1990.Texte édité par Karl Warnke
Traduction par Laurence Harf-Lancner
CHERCHEUR/E: Denis, Françoise