Satorbase

CHANTAGE_OBTENIR_PROMESSE
PHRASE:Un personnage oblige un autre à faire une promesse contraignante.
OCCURRENCE: 105226 accreditee
CONTEXTE: Pour se disculper d'une accusation d'avoir cherché à séduire la duchesse, le chevalier se voit sommer par le duc de répondre, sur sa foi jurée, à une question que le duc posera; le chevalier accepte; le duc lui demande de raconter le détail de ses amours.
COTEXTE ET CITATION: Sachiez par fine verité
Que ce que je vous ai amé
Ça en arriere de fin cuer
Ne me lesse croire a nul fuer
De vous tel mesfet ne tel honte
Comme la duchoise me conte ;
Ne tant ne la tenisse a voire,
Se ce ne le me feïst croire
Et me meïst en grant doutance
Que j'esgart vostre contenance
Et de cointise et d'autre rien,
A quoi l'en puet savoir mout bien
Que vous amez, ou que ce soit ;
Et quant d'aillors ne s'aperçoit
Nus qu'amez damoiselle ou dame,
Je me pens que ce soit ma fame,
Qui me dist que vous la proiez.
Si ne puis estre desvoiez,
Por rien que nus m'en puisse fere,
Que je croi qu'ainsi soit l'afere,
Se vous ne me dites qu'aillors
Amez en tel leu par amors,
Que m'en lessiez sanz nule doute
Savoir en la verité toute.
Et se ce fere ne volez,
Comme parjurs vous en alez
Hors de ma terre, sanz deloi !

Soyez sûr et certain que l'amitié profonde que je vous ai portée jusquprésent, m'interdit de croitre d'aucune manière que vous ayez commis une scélératesse aussi infâme que le prétend la duchesse. Et je ne lui accorderais aucun crédit, si je n'étais amené à la croire et à éprouver une profonde perplexité en examinant votre comportement, votre élégance et mille petits riens qui font bien deviner que vous aimez quelque part. Et comme d'ailleurs nul ne voit demoiselle ou dame que vous aimiez, je soupçonne qu'il s'agit de ma femme qui me dit que vous la sollicitez. Et on ne m'ôtera pas de l'esprit l'idée que les choses sont ainsi, en dépit de tous vos efforts, si vous ne me garantissez que vous aimez une autre femme et que, sans laisser l'ombre d'un doute, vous m'en révéliez toute la vérité. Si vous refusez de le faire, quittez ma terre sur-le-champ comme parjure !
NOTES: Dans la Châtelaine de Vergy, vers 241-267 (éd. et trad. Jean Dufournet et Liliane Dulac, Paris, Gallimard, Folio, 1994)
SOURCE: Anonyme, Châtelaine de Vergy. Livre de poche, Lettres gothiques: Paris, 1997.dans Nouvelles courtoises. Edition de René E.V. Stuip Traduction Suzanne Méjean-Thiolier et Marie-Françoise Notz-Grob.
CHERCHEUR/E: Bennett P.