Satorbase

NARRATEUR_FEINDRE_AMOUR
PHRASE:Le narrateur feint d'être amoureux ou se persuade qu'il l'est.
OCCURRENCE: 102256 accreditee
CONTEXTE: Meilcour-narrateur croit être amoureux de Mme de Lursay.
COTEXTE ET CITATION: Toute la soirée se passa dans ce manège; et comme son dernier caprice ne me fut pas favorable, je me retirai chez moi persuadé que j'étais haï, et préparé à me chercher un autre engagement. J'employai presque toute la nuit à repasser dans mon esprit les femmes auxquelles je pouvais m'attacher. Ce soin me fut inutile, et je trouvai, après la plus exacte recherche, qu'aucune ne me plaisait autant que Madame De Lursay. Moins j'avais d'usage de l'amour, plus je m'en croyais pénétré, et je me regardais comme destiné au rigoureux tourment d'aimer sans espoir de plaire, ni de pouvoir jamais changer. A force de me persuader que j'étais l'homme du monde le plus amoureux, je sentais tous les mouvements d'une passion avec autant de violence que si en effet je les eusse éprouvés. Toutes les résolutions que j'avais formées de ne plus voir Madame De Lursay s'étaient évanouies, et avaient fait place au retour le plus vif.
NOTES: [(Page) I, 74] Ces occurrences reviennent tout au long du livre. Meilcour se croit amoureux de Madame de Lursay et puis de Mlle de Théville.
SOURCE: Crébillon (Claude P.-J.), Egarements du coeur et de l. Prault,Gosse et Néaulme: Paris, La Haye, 1736-38.(Édition ajoutée par SatorBase.)
CHERCHEUR/E: , Weil M.