Satorbase

SUBSTITUTION_NOCTURNE
PHRASE:La nuit provoque ou favorise une confusion d'identité.
OCCURRENCE: 100040 accreditee
CONTEXTE: Laurette prend un bandit pour son amant Francion et couche avec lui. La vérité dévoilée, elle recommence.
COTEXTE ET CITATION: Quand il fut sauté de la fenestre dedans une chambre, il fut bien estonné de se voir embrassé amoureusement par une femme qui vint au devant de luy et qui ne ressembloit en façon du monde à Catherine. C'estoit madame Laurette qui le prenoit pour Françion parmi l'espaisseur des tenebres de la chambre dont elle avoit esteint la lumiere. Olivier cognoissant la bonne fortune que le Destin luy vouloit departir, possible pour le recompenser de la bonne intention qu'il avoit de n'estre plus larron [il a eu en effet quelques remords de conscience], songea qu'il estoit besoin d'empescher que ses compagnons ne vinssent troubler ses delices" (p.59)
Ses délices sont troublées cependant; Laurette se rend compte de sa méprise quand elle entend la voix d'Olivier. Après quelques explications et quelques incidents, ils retournent à la chambre de Laurette. Ayant tenu ce discours, elle convia Olivier à remonter en sa chambre où ils ne furent pas si tost qu'il fut ravy de ceste beauté qu'il ne pensoit pas estre si merveilleuse qu'elle estoit losrqu'il en avoit jouy sans lumiere. L'ayant considerée attentivement, il prit la hardiesse de cueillir sur sa levre quelques baisers qui ne luy furent point refusez, parce que Laurette le treuvant de bonne mine n'estoit pas faschée qu'il recommençast le jeu où il avoit desjà monstré qu'il estoit des plus sçavants. Luy qui lisoit ses intentions dedans ses yeux mouvants et lascifs, ne laissa pas eschaper la favorable occasion qu'il avoit de taster de rechef d'un si friand morceau. (p. 67-68)
NOTES: Pages 59 ; 67-8. Les numéros de pages renvoient à l'édition GF d'Yves Giraud (1979)
SOURCE: Sorel (Charles), Histoire comique de Francion. Garnier Flammarion: Paris, 1996.1. Texte de 1633 avec quelques variantes de 1623-1626.
CHERCHEUR/E: , Weil M.
OCCURRENCE: 100170 chantier
CONTEXTE: Almont ne reconnaît pas son ami Aremberg dans le noir. Il se bat si furieusement contre lui qu'il s'enferre sur l'épée de son adversaire.
NOTES: [(Tome & Page & Nouv.) 79]
SOURCE: Segrais (Jean Regnault de), Nouvelles françaises (Les). STFM: Paris, [1656-1657] 1990-92. édition de Roger Guichemerre
CHERCHEUR/E: , Rodriguez P.
OCCURRENCE: 100168 accreditee
CONTEXTE: Mme de Granson couche involontairement et sans presque se réveiller avec un ami de son mari, monsieur de Canaple.
COTEXTE ET CITATION: Le comte de Canaple, entraîné à la poursuite d'un cerf, se trouva seul au commencement de la nuit dans la forêt. Comme il en connaissoit toutes les routes, et qu'il se vit fort près de Vermanton, il en prit le chemin. Il étoit si tard quand il y arriva... Il monta tout de suite dans son appartement, dont il avoit toujours une clef... il se déshabilla, et se coucha le plus promptement qu'il put. Mais quelle fut sa surprise quand il s'aperçut qu'il n'étoit pas seul, et qu'il comprit, par la délicatesse d'un pied qui vient s'appuyer sur lui, qu'il étoit couché avec une femme... De pareils moments ne sont pas ceux de la réflexion. Le comte de Canaple n'en fit aucune, et profita du bonheur qui venoit s'offrir à lui. Cette personne, qui ne s'étoit presque pas éveillée, se rendormit aussitôt profondément ; mais son sommeil ne fut pas respecté.
NOTES: [(Page) 191] p. 191 Edition Garnier Frères, 1864
Voir aussi le topos "coucherie_par_substitution"
SOURCE: Tencin (Mme de), Siège de Calais (Le). 1739.(Édition ajoutée par SatorBase.)
CHERCHEUR/E: Rodriguez P., Weil M.
OCCURRENCE: 100172 accreditee
CONTEXTE: La Rappinièrejaloux croit saisir sa femme et combat avec une chèvre.
COTEXTE ET CITATION: Il pensa se jeter sur sa femme et la saisir en criant : Ah ! putain ! Ses mains ne trouvèrent rien et, ses pieds rencontrant quelque chose, il donna du nez en terre et se sentit enfoncer dans l'estomac quelque chose de pointu. Il cria effroyablement au meurtre et on m'a poignardé, sans quitter sa femme qu'il pensait tenir par les cheveux et qui se débattait sous lui. [...] et mademoiselle de la Rappinière vint la dernière et fut bien étonnée, aussi bien que les autres, de trouver son mari tout furieux, luttant contre une chèvre qui allaitait, dans la maison, les petits d'une chienne morte en couche. Jamais homme ne fut plus confus que la Rappinière.
NOTES: [(Partie & Page) I,IV,73 ] La citation se trouve p.12 Classiques Garnier.
Voir les topoi coucherie_par_substitution et
mari_soupçonneux_ridicule (plus de précision quant à cette occurrence dans ce dernier topos mari_soupçonneux)
SOURCE: Scarron, Roman comique (Le). Toussainct Quinet: Paris, 1651.
CHERCHEUR/E: Rodriguez P., Weil M.
OCCURRENCE: 104852 accreditee
CONTEXTE: Un Cordelier abuse, par une substitution nocturne, de l'épouse d'un gentilhomme périgourdin.
COTEXTE ET CITATION: Et, ainsy que le feu peu à peu s'allume tellement qu'il vient à embraser toute la maison, or, pour ce, le frater commencea de brusler par telle concupiscence, que soubdainement delibera de venir à fin du desir, que, plus de trois ans durant, avoit porté couvert en son cueur. [...] Ainsy se retirerent chacun en sa chambre. Mais, si tost que le pere fut retiré, ne pensa pas à dormir ne reposer; car, incontinant qu'il n'ouyt plus nul bruict en la maison, environ l'heure qu'il avoit accoustumé d'aller à matines, s'en vat le plus doulcement qu'il peut droict en la chambre, et, là, trouvant la porte ouverte de la chambre oû le maistre estoit actendu, vat finement estaindre la chandelle, et, le plus tost qu'il peut, se coucha auprès d'elle, sans jamais luy dire ung seul mot. La damoiselle, cuydant que ce fust son mary, luy dit : " comment, mon amy! Vous avez très mal retenu la promesse que feistes hier au soir à nostre confesseur, de ne venir icy jusques à deux heures! " le Cordelier, plus actentif à l'heure à la vie active que à la vie contemplative, avecq la craincte qu'il avoit d'estre Congneu, pensa plus à satisfaire au meschant desir dont dès long temps avoit eu le cueur empoisonné, que à luy faire nulle response, dont la dame fut fort estonnée. Et, quant le Cordelier veid approcher l'heure que le mary devoit venir, se leva d'auprès de la damoiselle, et, le plus tost qu'il peust, retourna en sa chambre. "Et, tout ainsy que la fureur de la concupiscence luy avoit osté le dormir, au commencement la craincte, qui tousjours suict la meschancete, ne luy permist de trouver aucun repos, mais s'en alla au portier de la maison et luy dict: " mon amy, Monsieur m'a commandé de m'en aller incontinant en nostre couvent faire quelques prieres oû il a devotion; parquoy, mon amy, je vous prie, baillez moy ma monture, et m'ouvrez la porte, sans que personne en entende rien, car l'affaire est necessaire et secret." Le portier, qui sçavoit bien que obeyr au Cordelier estoit service agreable à son seigneur, luy ouvrit secretement la porte et le mist dehors.
NOTES: Nouvelle 23.
SOURCE: Navarre (Marguerite de), Heptaméron. Flammarion: Paris, 1982.
CHERCHEUR/E: Bideaux M.
OCCURRENCE: 104836 accreditee
CONTEXTE: Monsieur Keil, dont mademioselle *** avait jusqu'à ce jour refusé les empressements, se substitue à son amant, le chevalier de ***, à la faveur d'un "heureux stratagème".
COTEXTE ET CITATION: Je m'assoupis un peu, mais les idées délicieuses dont j'étois remplie ne me permettoient pas un long sommeil. L'amour qui ne m'avoit pas quitté dans le sein même du repos, me réveilla, que le jour commençoit à peine à paroître. Mon amant dormoit encore ; j'écartai un des rideaux pour le contempler ; mais quel prodige! Je reculai d'effroi, en reconnoissant Keil, c'étoit lui qui m'avoit écrit sous le nom du Chevalier; c'étoit lui qui venoit de passer la nuit avec moi, & à qui j'avois prodigué les plus tendres caresses, en croyant ne le faire que pour un amant favorisé. Mon premier mouvement fut la colère & le dêpi d'avoir été trompée. J'allois éclater, lorsqu'une réflexion m'arrêta. J'étois outrée du tour qu'il m'avoit joué ; mais le dirais-je ? Le ressouvenir de la nuit me demandoit grâce pour lui.
NOTES: p 98-99 dans édition de 1792
SOURCE: Villaret (Claude), Antipamela, ou mémoires de M. D***.. [édition inconnu]..
OCCURRENCE: 202684 accreditee
CONTEXTE: Englesac offre de prendre la place de Sylvie/le Prince de Salmes dans le lit de la Marquise.
COTEXTE ET CITATION: Si ne n'avois point peur de vous faire une infidelité, j'aimerois quasi mieux aller dégager vôtre honneur en contentant la Dame sous vôtre nom, et en vôtre place, jusqu'à ce que nous eussions eu le loisir de prendre d'autres mesures.
NOTES: Page 105, voir aussi p. 106-107.
SOURCE: Villedieu (Mme de), Desjardins, Mémoires de la Vie de Henriette Sylvie de Molière. .
CHERCHEUR/E: